Jérôme Lavenir. Et tout alors est à recommencer La distance ironique est à l’œuvre dans la relation que l’artiste entretient avec lui-même : l’autodérision est toujours latente. Et sa tendance à l’effacement ferait office de projet artistique : comment faire du retrait de soi une œuvre ? Comment purger l’œuvre de toute intention trop manifeste ? Comment faire poindre parmi les bruits du Monde, le silence d’une introspection ?... En un jeu de miroirs énigmatique, ses installations se déploient dans l’espace comme autant de rêveries insatisfaites dérivées de ces questions. Des tensions s’y exercent, qui s’immiscent entre jeu et sérieux, entre image et réalité, présence et absence au Monde. Une attraction se fait sentir, enfin, vers le vide, marquant sa quête (absurde !) d’un vide du sens — Graal inatteignable en somme, car la boucle se ferme toujours, par laquelle le vide de sens fait sens à son tour. Et tout, alors, est à recommencer… Gil Moré-Navreux.